La matière du poème
Du choc des mots
jaillit l'étincelle
entretenir le feu
Encre : A. Cohen Aknin (encre, placage et toile de jute)
Haïku : G. Briot
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Du choc des mots
jaillit l'étincelle
entretenir le feu
Encre : A. Cohen Aknin (encre, placage et toile de jute)
Haïku : G. Briot
Nous avons eu le plaisir de présenter une lecture musicale le 30 octobre 2015 à la Médiathèque de Montélimar en soirée de clôture du Centenaire de la naissance d'Alain Borne. Avec beaucoup de talent, Lise Péchenart, violoncelliste qui nous accompagnait, a glissé ses mélodies, souvent improvisées, entre les textes ou à l'intérieur des poèmes.
Nous avons connu Paul Vincensini. Celui-ci, ami d'Alain Borne disait qu'Alain avait été son initiateur en poésie. Quant à nous, nous avons marché sur les traces de Paul dont l'ambition était de faire vivre la poésie.
Pierre Seghers disait qu'Alain Borne était avec Paul Eluard l'une des grandes voix amoureuses du XXe siècle. Ses poèmes de passion et de sensualité jaillissent peut-être d'autant plus intensément qu'il est hanté par la mort. Pour cette soirée souhaitée légère, nous n'avons donné que la face amoureuse. Paul Vincensini, poète funambule, pouvait apporter son humour qui cache une forme de gravité.
Les deux poètes savaient la fêlure qui était en eux et que nous avons tous, mais ils en avaient la lucidité et seule la poésie leur permettait d'avoir les yeux ouverts. L'un se perd dans la femme aimée sans jamais pouvoir assouvir son désir d'absolu. L'autre ne cesse de revenir à l'enfance, de célébrer avec désinvolture les pierres, les oiseaux, le cheval, la rivière… dans la dualité des personnages "Toujours et Jamais."
Deux poèmes dits en cette soirée :
Tu étais belle ce soir dans le soleil
plus que de lui vêtue
on aurait dit que tout entier
il se donnait pour te faire.
Tu me brûlais de loin
tantôt tu étais d'or
tantôt de miel tantôt de lait
tu étais la rosée
doublant de transparence l'aubépine.
Je te savais brûlante
je te savais la fraîcheur même
tu étais l'aube mystérieusement couchée
sur un million de lis.
Alain Borne "La nuit me parle de toi"
Moi j'ai toujours peur du vent
Me voici
Mes poches
Bourrées de cailloux
Pour rester avec vous
Ne pas m'envoler dans les arbres.
Paul Vincensini "Toujours et jamais"
Après la lecture, il y a eu un échange chaleureux avec le public, Chantal Brunel et Thierry Trial de la médiathèque. Merci à tous.
Geneviève et André - Ass. BLEU 31
Les œuvres complètes d'Alain Borne aux éditions Curandera sont épuisées. Des recueils ont été publiés chez des éditeurs dont : Voix d'encre, L'atelier du Hanneton, Jacques Brémond…
L'œuvre poétique de Paul Vincensini est publié aux éditions L'arbre à paroles. Une sélection pour les enfants : "Je dors parfois dans les arbres" aux éditions Motus
Nous vous communiquons le programme du Festival Théâtre Automne que nous avons le plaisir de parrainer.
Festival Théâtre Automne
Salle des fêtes de Clérieux Drôme
les 23 24 25 octobre 2015
• vendredi 20h30 - comédie "Au rendez-vous des autres" par le Théâtre inattendu de Sauzet
• samedi 10h30 - rencontre d'auteurs Geneviève Briot et André Cohen Aknin sont auteurs de théâtre, de poésies et de romans. Ils sont Drômois, mais pas seulement. leurs vies sont marquées par le voyage. Ils viennent en voisins se présenter à nous.
• samedi 16h - comédie dramatique "Échec à la reine" d'Andrée Chedid par les Zygomatics de Valence
• samedi 20h30 - comédie dramatique "L'Atelier" de Jean-Claude Grumberg par le Théâtre d'en Face d'Annonay
• dimanche 11h - Apéro spectacle. Temps convivial animé par les troupes du CD 26
• dimanche 15h - comédie absurde "Le spectateur condamné à mort" de Matei Visniek par le Théâtre de la Grille verte de St Étienne
tarifs :10 € - réduit : 6 € - Pass : 15 €

Les balades poétiques "Il pleut des oiseaux bleus" ont fait vibrer les mots dans le château de Rochefort-en-Valdaine où errent encore les âmes d'un passé rude et enchanté.
Nous avons été accueillis dans l'église d' Ancône où les oiseaux bleus sur les vitraux étaient lumière. Nos voix étaient portées par la sérénité fraternelle des moines de Tibhirine. L'église restaurée leur est dédiée.
A St Marcel-les-Sauzet, nous étions enveloppés des pierres du passé et des bruits du jour, du lavoir à l'église romane, la poésie traçait son chemin.
Dans tous ces lieux, le violoncelle de Lise Péchenart lançait ses notes de terre et de ciel, éclairait les mots d'amour, de liberté, de voyage, vibrait dans un temps hors du temps, celui de la poésie.
"l'oiseau seul a tout le ciel pour s'étirer dans tous les sens" Paul Vincensini
Les visages des "écoutants" devenaient des livres.
Dans le cadre d'Itinérance(S) 5èmeédition - Montélimar Agglomération, nous donnerons des balades poétiques. 2015 fête le centenaire de la naissance du poète Alain Borne.
Lecture de Geneviève Briot et André Cohen Aknin. Avec Lise Péchenart, violoncelliste :
"Toujours et Jamais traversent le village sous les rires des pierres et des arbres, parlent de rencontres, d'amours et de rêves. Ils nous invitent à la découverte de poètes dans une farandole de textes où pleuvent des oiseaux bleus. Leur credo : rien ne nous soutient mieux dans la vie qu'une bonne paire de poèmes."
- Château de Rochefort-en-Valdaine, le samedi 14/03 à 15h30
- Ancône, le samedi 21/03 à 15h30
- St Marcel-Les-Sauzet, le dimanche 29/03 à 15h30
Itinérance[S] - 04 75 54 35 73 - montelimar-agglo.fr - Ass BLEU 31 - 04 75 02 61 93 - bleu31@orange.fr - http://briot-cohenaknin.hautetfort.com/ - Lise Péchenart limaca@riseup.net

Atterrés par les actes barbares de ce début janvier 2015, nous sommes unis à ceux qui pleurent leurs proches.
Dans ces moments de douleur où l'hydre de la haine nous atteint en plein cœur, les hommes et les femmes, fidèles au Siècle des Lumières, font face. Ensemble, ils ont la force de lutter, de rire et de chanter la liberté que Charlie a toujours au bout du crayon.
Nos mots se dérobent. Ce sont ceux du poète Paul Eluard qui surgissent :
Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier et cendre
J'écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté
Geneviève et André
Voix posée, claire, douce, éclatante, harmonieuse, rauque… Chacun de nous a un timbre différent qui nous identifie aussi bien qu'un visage. Cette voix qui porte le langage, qui voyage sur les ondes, qui fascine ou inquiète est impalpable et tellement vivante. Porteuse d'informations, d'émotions. Lien entre les êtres.
En novembre, nous étions au lycée Alain Borne à Montélimar pour animer un atelier "voix et poésie" avec des élèves de seconde, à la demande de Martine Français documentaliste et de professeurs de lettres. Notre but était de faire prendre conscience aux jeunes de ce qui entre en action dans le fait de parler. Faire vibrer l'instrument de la parole par une bonne position du corps, par la respiration, par l'articulation. Maîtriser le souffle pour lire, pour s'exprimer à voix haute, pour dire la poésie.
Les élèves de ces deux classes de seconde ont manifesté un intérêt réel pour cet entraînement. "La parole est à moitié à celui qui la donne, la moitié à celui qui la reçoit", disait Montaigne. Autrement dit, ce n'est pas ce que l'on dit qui est important, mais ce qui est entendu.
Après des exercices d'échauffement, on en vient à lire un poème ensemble et chaque voix côtoie celle des autres en résonnance, les timbres se répondent, se fondent. Harmonie. Cette diction introduit d'une manière sensorielle la compréhension du poème, par sa mélodie, son rythme.
J.M.G Le Clézio parle du "langage beauté où nous n'agissons plus, mais c'est nous qui sommes devenus les verbes et les noms. Celui qui a commencé à parler maintenant dans le poème, ouvre l'étendue de l'océan, sous le ciel, trace le cercle de l'horizon…"
Dans un deuxième temps, les élèves ont pu individuellement donner un texte de leur choix.
"Il est temps de lever sa voix comme une mèche sur une lampe", écrivait le poète Alain Borne.
Ce travail ouvre la voie aux festivités 2015 qui célébrera le centenaire de la naissance du poète montilien initiée par la médiathèque de Montélimar. Certains élèves présenteront à cette occasion un choix de poésies d'Alain Borne.
André et Geneviève
Un auteur et un typographe. Le premier est à un pupitre, le second, en blouse, à une machine à imprimer.
L'un met en bouche des textes de l'Atelier du Hanneton, joue avec les sonorités. L'autre préconise de couvrir le ventre des vaches avec des lettres pour imprimer les prairies, de laisser les enfants jongler avec des caractères comme on le fait avec des osselets, d'apprendre aux arbres et aux chiens à parler le tozoubohu.
Puis ils parlent de poésie, d'écriture, d'impression. Ils évoquent la fabrication des livres à l'atelier dans la fumée du poêle, les séances de remue-méninges dans l'arôme d'un thé aux épices. Il est question de la place du texte sur la page, de la qualité du papier, de la résonance et des silences qui environnent les mots. Quand ils abordent le recueil "Le sourire de l'absente", on entend un extrait du texte, ses couleurs, sa sonorité et le chant qui l'accompagne.
L'un s'imprègne de l'univers de l'autre, si bien qu'ils découvrent et nous livrent d'autres facettes de leur personnalité.
André Cohen Aknin et Stéphane Landois présenteront leur rencontre insolite à la bibliothèque de Charpey (26300) le 4 octobre à 15h
Avec le soutien de la Médiathèque départementale de la Drôme. 04 75 78 41 90
Voici ce que j'avais projet de lire en préambule lors de la table ronde "dire avec la voix, dire avec la plume" des "27 heures chrono" Baz'Art des Mots (2014). Faute de temps, le débat n'eut pas lieu. Ce n'est que partie remise, j'espère. On me demandait un avis tranché. Le voici :
Je pense que dans ce monde où l'actualité nous parvient comme un tourbillon, nous manquons cruellement de silence.
Le silence appartient au processus de la parole comme il appartient à la musique. Indispensable.
On peut comparer le silence au vide de l'univers, la voix aux étoiles et aux planètes. Le silence est un immense champ de découverte. Il est un renouvellement de la parole pour qu'elle devienne audible.
Parole et silence semblent des contraires, alors que l'un possède l'autre comme le Yang et le Yin sont réunis en chaque partie du corps, en chaque chose. Le lien est constant. Un peu comme au théâtre où les "contraires" provoquent le mouvement. Rien n'est statique, rien n'est acquis. Un peu aussi comme la décroissance, dont on parle aujourd'hui, qui n'est pas la négation de la croissance mais son renouvellement. Le silence est source de renouveau pour la parole parlée et écrite. Donner un sens à l'un donne un sens à l'autre.
Le silence comme viatique à la fête, à la pleine possession du corps. C'est aussi un temps où l'on apprend à parler avec la voix de la terre.
Le silence comme époux de la parole. "La poésie, ce sont les noces de la paroles et du silence", nous dit Guillevic.
Transversalité de la parole et du silence, comme oralité et écriture, corps, espaces, matières. Des lieux sans frontières.
Je propose de fomenter des silences, jusqu'à l'insurrection ! Créons des brigades de silence !
Le silence comme un rêve de l'autre. Aucune rencontre n’est anodine. C’est “l’autre” qui te métamorphose. Aller à sa rencontre, c’est aussi aller à la rencontre de soi, trouver la source d’une renaissance, inventer le temps qui reste.
Offrons-nous ces moments. Partageons-les comme on partage un repas. D'autres paroles viendront ensuite, naturellement.
Jusqu'à la débandade.
Aux mots du poète Alain Borne "Je pense que tout est fini qui retenait la toile / Je pense qu'il reste dorénavant surtout à mourir". Ce qui, ici, retient la toile est pour moi le silence. Je préfère ceux pleins de vie et de fougue de Blaise Cendrars "Quand je pense, je suis un animal en rut qui se vautre la verge haute stupide vers le futur. Quand je pense, je suis la débandade effrayée des sons d'une symphonie, la débandade de l'harmonie et du silence".
Je termine ce préambule avec Philippe Jaccottet : "Le travail du poète est de veiller comme un berger et d'appeler tout ce qui risque de se perdre s'il s'endort".
André Cohen Aknin, juin 2014